Nous nous questionnons dans cet article sur la relation entre le christianisme du moyen-âge et l'astrologie et sur l'héritage symbolique du signe du Capricorne pour le Tarot de Marseille.

Histoire du christianisme et de l'astrologie

Le Christianisme depuis l'ancien testament tente à la fois de récupérer le symbolisme antique lié à la cosmologie et à la nature tout en le minimisant et en le stigmatisant de Payen (qui prend feu). Ainsi, Dieu est Soleil, Tonnerre, il crée les cieux et les gouverne.
La divination de l'oracle de Delphes est déchue pour le peuple. À l'époque, l'astrologie est une science reliéè à l'astronomie et serait un "dogme divinatoire" qui prive de responsabilité l'homme dans la recherche d'une conduite salutaire.

  • Vers 600 avants J.C, déjà, le prophète Jérémie (10,2) conseille : « Ne redoutez pas les signes du ciel, que craignent les nations ».
  • Et pourtant la quête astronomique ciel ne cesse de continuer avec l'école d'Alexandrie (-200 à 400 après J.C). Aristarque de Samos (vers 280 av. J.C ) découvre que la Terre tourne sur elle-même et entre en rotation autour du soleil.
  • Cela ne convient guère à la doctrine catholique et l’astrologie est interdite dans différents conciles régionaux (le concile de Laodicée en 381, celui de Tolède en 447, celui de Braga en 560, ceux de Braga, Agde, Orléans, Auxerre, Narbonne, Reims).
  • Néanmoins, l’astrologie continue à se maintenir, notemment chez les puissants qui consultent.
  • Gerbert d’Aurillac (945-1003), devenu le pape Sylvestre II à la veille de l’an 1000, pratique l’astrologie et l'enseigne à Reims. Il s'interresse aux écrits antiques et arabes. Il représente le monde et la terre sous forme de spère en bois. Cet érudit considérait l’astronomie comme le « prolongement de la philosophie et de la théologie » scientifique.
  • Quand les écrits du grec Aristote arrivent en Europe au début du 13e siècle l’Eglise en interdit la lecture. L'astrologue et astronome Cecco d’Ascoli sera brûlé en 1327. Cependant, Aristote sera vénéré par les intellectuels et son autorité reconnue par l'église, j'usqu'au 16e siècle. Pendant cette période, sont élevées des cathédrales où il figure sur le portail le zodiac renfermant des secrets des constructeurs de cathédrales et alchiistes.
  • Copernic publie ses recherches sur l'héliocentrisme en 1543 et Galilée créé la lunette astronomique en 1609.

Pensée chrétienne et astrologie

L'église explique l'influence de l'astrologie sur l'homme et le devoir de celui-ci à suivre le mouvement et l'appel de Dieu.

  • Pour Albert le Grand (vers 1200-1280) et son disciple St Thomas d’Aquin (1228-1274) les événements terrestres sont commandés par les astres, mais pas le destin individuel de l’homme, qui « peut toujours agir, sous l’empire de la raison, contre l’inclination produite par les corps célestes ».
  • Képler (vers 1609), dit « qu’il faut distinguer les effets des astres, qui sont généraux, de ce qui seraient des interventions dans les affaires individuelles des humains ». Notons que la position de l’Islam est assez voisine.

En conclusion, L'église a une attitude ambivalente envers la science de l'astronomie et de l'astrologie :

  • En dépit de ces tentatives échouées d'éradication de l'astrologie pour le peuple, elle tente de l'utiliser comme outil de recadrage exotérique,
  • Et parallèlement, les figures astrologiques sont gravées dans les pierres sacrées pour éterniser un langage ésotérique.

Histoire du symbolisme du signe du capricorne

Le signe du Capricorne (22 décembre - 20 janvier) selon Barthélémy l’Anglais (+ 1272) dans son « Livre des propriétés des choses » (VIII, 18) d’après la traduction en français du XIVe s. de Jean Corbechon (quelque peu modernisée par Hélène Durieux…) que l’on trouve dans un manuscrit daté de 1479-1480. On apprend que « ce signe est appelé la maison de seigneurie, d’honneur, de royaume, d’impureté et de biens [acquis] par larcin ». On apprend également qu’il est nommé « Capricorne » par assimilation du mouvement du soleil après l’équinoxe d’hiver au mouvement de la chèvre qui « lève ses cornes contre la montagne. »
« Le Capricorne selon Misaël est un signe terrestre, froid, instable et nocturne qui est la première [maison] de Saturne et l’exaltation de Mars en son XXVIIIe degré. Sa maison de jour est Vénus et, de nuit, la Lune, et mars participe avec eux. Il est de la seconde triplicité. La première face est de Jupiter, la seconde, de Mars, et la troisième, du Soleil. [Dans le corps humain], il gouverne les genoux et fait les cuisses élancées, le corps sec et la face hirsute et effrayante [NDLR : pour l’astrologie médiévale, chaque signe zodiacal est associé à une zone donnée du corps humain]. Ce signe est appelé la maison de seigneurie, d’honneur, de royaume, d’impureté et de biens [acquis] par larcin. Albumasar dit de ce signe qu’en son IVe degré se lève le Cancer et qu’en son XXXe degré se couche la tête du Cancer et se lève la tête du Capricorne. Ce signe est appelé ainsi parce que, de même que la chèvre est une bête qui lève ses cornes contre la montagne, le Soleil, quand il est en cette partie du zodiaque, connaît l’équinoxe d’hiver et commence ensuite à monter vers les autres signes qui sont plus hauts que lui. »

Analyse comparée avec la carte du Diable

Nous pouvons aisément imaginer que la carte du Diable est reliée au signe du Capricorne en lisant les interprétations moyenâgeuses. Pourtant, c'est un signe de renaissance, car après le solstice d'hiver, chaque jour est plus éclairé. C'est le signe du réveil intérieur de la nature. Alors, oui, le capricorne est un signe Terrestre, illustré par les griffes du diables qui crochète le feu secret de la Terre. Le Capricorne et le Diable du Gareau sont des amplificateurs de lumière intérieur. D'ailleurs, Lucifer est bien porteur de lumière. Les cornes sont les antennes dirigées vers Dieu. Oui, le capricorne est un signe spirituel de voyage intérieur profond, ce qui était bien assimilé dans l'antiquité post-chrétienne. C'est très désolant de savoir que les églises ont utilisé des symboles "païens" pour les détourner de la lumière universelle divine. Maintenant, une culture diabolique délétère s'est infiltrée dans l'inconscient collectif européen et crée le trouble. C'est pour cela que je recommande toujours une lecture des cartes avec un code mathématique qui permet de reconnaître si la carte est à interpréter positivement ou pas dans un tirage.

Illustration : carte du Diable, Tarot de Madenié

Auteure : Catherine Kloboukoff Lamour (K.Lamour), le 26/12/2025